Les tuques bleues
-1: Le charivari de la liberté-

Le Pays insoumis
-1: Les chevaliers de la croix-
-2: Rue du Sang-

Les accoucheuses
-1: La fierté -
-2: La révolte -
-3: La déroute -

Autres roman et nouvelles

Gratien Gélinas

Marie Gérin-Lajoie

Études historiques

 

À lire:
ma chronique sur le webzine
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Jasettes archivées

 

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Anne-Marie vous pique une jasette…

En panne d’inspiration pour la Saint-Jean-Baptiste?
Les ricaneux d’antan ont tout plein d’idées à vous offrir. Une chanson pour commencer? En 1834, lors du tout premier banquet visant à célébrer la nationalité canadienne, le jeune avocat George-Étienne Cartier compose tout exprès un chant qui sera ensuite connu sous le nom de Ô Canada, mon pays, mes amours. Écoutons-le chanter : Le Canadien, comme ses pères, se plaît à rire, à s'égayer. Doux, aisé, vif en ses manières; poli, galant, hospitalier, à son pays il ne fut jamais traître, à l'esclavage il résista toujours. Et sa maxime est : la paix, le bien-être du Canada, son pays, ses amours.
     En matière de décoration de salle, le banquet montréaliste de 1835 a de quoi nous en remontrer. La salle de l’hôtel Rasco est décorée de festons de guirlandes et de touffes de verdures. À l’entrée, un faisceau de branches d’érables soutient un faisceau de drapeaux, dont celui de la mère patrie. Au milieu, un bouclier arbore : « ESPÉRANCE – PATRIE – UNION ». À Saint-Denis, un immense drapeau blanc et vert, orné de deux feuilles d’érable, est accroché au plafond. La table est garnie d’immenses soupières en grès cérame, fruit du travail d’artisans locaux.
      Les ennemis du pays en profitent pour jeter l’anathème sur les réformistes. Les Bureaucrates s’arrogent le droit de se réunir en sociétés nationales exclusives et d’y célébrer l’appartenance britannique, mais lorsque les enfants du sol et leurs amis immigrants font de même, ils crient au loup. The Montreal Herald beurre épais. Selon son éditeur, des menaces d’insurrections auraient été proférées contre les Constitutionals, mais ces derniers sont parés. Tout, plutôt que the irresponsible despotism of French democrats!
      Quant au banquet du 24 juin 1837, il est doté d’un piquant charivaresque. Les esprits sont montés contre le gouverneur et son âme damnée, le seigneur Debartzch, à cause d’une proclamation inique. Ces abus de pouvoir sont contreboutés par un esprit frondeur qui frise la bravade. À Saint-Denis, la table s’agrémente d’une pièce montée, soit la tête d’un veau qui tient, dans sa gueule, le parchemin avec la proclamation imprimée, ainsi qu’un exemplaire du papier-nouvelles Le Populaire. Dans un paroxysme de transports, ces torche-culs sont jetés par la fenêtre par les convives avec des interjections méprisantes.
Le 13 juin 2014

 

Détective de l’histoire

En 1837, les ultra-tories de la province n’ont pas hésité à brandir leur fusil et à se travestir en volunteers à la solde de l’armée pour imposer leur loi. L’histoire de ces doctrinaires, intolérants, exaltés, extrémistes, forcenés, sectaires – tous ces qualificatifs leur conviennent – restait plongée dans l’obscurité. Le mérite de la découverte revient à François Deschamps, dans sa thèse de doctorat intitulée Le radicalisme tory à travers le prisme du Montreal Herald et la mobilisation des milices dans les district de Montréal (1834-1837). Grâce à lui, j’ai effectué une fascinante plongée au sein d’un clan imbu de sa supériorité toute britannique, un clan dont les membres ne peuvent se départir d’une méfiance viscérale envers « les enfants du sol » et plus généralement, envers toute personne exaltant les principes libéraux. Un clan belliqueux qui exalte les valeurs guerrière et qui, pendant plusieurs décennies, règnera en maître sur les colonies britanniques d’Amérique.