Les tuques bleues
-1: Le charivari de la liberté-

Le Pays insoumis
-1: Les chevaliers de la croix-
-2: Rue du Sang-

Les accoucheuses
-1: La fierté -
-2: La révolte -
-3: La déroute -

Autres roman et nouvelles

Gratien Gélinas

Marie Gérin-Lajoie

Études historiques

 

À lire:
ma chronique sur le webzine
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Jasettes archivées

 

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Anne-Marie vous pique une jasette…

La liberté de presse précède toutes les autres et préside à toutes les autres, ai-je lu quelque part dans la somme documentaire accumulée sur le Bas-Canada à l’époque des Rébellions. C’est une tuque bleue qui écrit ainsi, un témoin de l’incroyable persécution de la presse patriote entre 1837 et 1839. Cet aspect de la question n’a que très peu été fouillé, comme bien d’autres d’importance. Pourtant, il suffit de lever un pan du voile pour voir clairement les scellés apposés aux gazettes n’étant pas à la solde du gouvernement local.
      La répression est systématique et assumée. Une grande part de responsabilité dans la guerre civile est mise entre les mains des imprimeurs et nouvellistes qui prennent un malin plaisir, dit-on, à disséminer des doctrines infâmantes qui soulèvent le bon peuple en masse. Après la seconde Rébellion, bien peu de vérités sont bonnes à dire, et surtout pas celles qui discréditent les responsables de la terreur militaire. Ce serait jeter de nouveaux germes de sédition, ce serait causer une « excitation politique injurieuse au gouvernement », selon la formule ironique du rédacteur de L’Aurore des Canadas, le 20 septembre 1839.
      À partir de novembre 1837, date où le propriétaire de La Minerve doit fuir aux États-Unis sous peine d’être emprisonné pour haute trahison, les papiers-nouvelles indépendants sont châtiés à répétition. Au début, les représentants de l’autorité s’évertuent à donner aux poursuites quelque semblant de formalité, ce qui est vitement jugé superflu. François Lemaître, imprimeur du Libéral à Québec, puis de La Quotidienne à Montréal, est jeté derrière les barreaux. En 1839, l’imprimeur et le rédacteur de L’Aurore des Canadas, à Montréal, comme ceux du Canadien, à Québec, passent plusieurs semaines en prison. Sans oublier le responsable d’une gazette de Stanstead, dans les Cantons de l’Est, jugée dangereuse pour la sécurité de l’État.
      On se saisit des hommes, mais également des presses et de tout le matériel d’imprimerie, mis à l’ombre des voûtes du Palais de justice. Une fois libérés, leurs propriétaires ont toutes les misères du monde à se faire remettre leur dû. Or, les presses sont introuvables en Bas-Canada. Il faudrait aller en acheter aux États-Unis, mais la frontière est gardée et les passeports, distribués très parcimonieusement. Ce n’est qu’au départ de sir John Colborne, en septembre 1839, que le climat se bonifie soudainement. Comme si, le diable étant parti, les valets ne pouvaient plus giguer…

Le 26 janvier 2015



En direct du passé
« Que dirait-on en Angleterre, si l'on prouvait qu'il n'y a point eu de révolte, comme on l'a dit partout sur toutes les gazettes, et dans le parlement impérial et dans des actes publics, que le peuple n'a fait que se défendre et n'avait pas l'alternative de l'attaque? Où en serait l'honneur de l'armée anglaise, si l'on dévoilait les actes infâmes dont les troupes se sont rendues coupables? Pour tous les couvrir de confusion, il n'y a qu'à dérouler tous leurs actes, depuis l'infâme guet-apens où les Fils de la Liberté sont imprudemment tombés, jusqu'au sac de Saint-Eustache et de Saint-Benoît... Mais rien de bien circonstancié n'a encore paru. Les Cannibales! Ils ont réussi à étouffer jusqu'aux cris de leurs victimes! Et puis le pillage du Libéral, du Vindicator, la saisie de La Minerve; n'ont-ils pas encore saisi toutes les presses et emprisonné tous ceux qui voulaient le moindrement récriminer? Bouchette, Lemaître, Gérard, Boucher ne sont-ils pas en prison, et les presses des deux seconds, ne sont-elles pas à la police? »


Jean-Joseph Girouard à Augustin-Norbert Morin, 27 avril 1838, cité dans l’ouvrage Au Pied-du-Courant.

La fresque romanesque patriote que je signe actuellement se décline en deux cycles qui, au final, comporteront deux tomes chacun. Le premier cycle, soit Le pays insoumis, comprend Les chevaliers de la croix et Rue du Sang; il est publié par VLB éditeur. Le second cycle aux Éditions Fides, intitulé Les tuques bleues, s’ouvre avec Le charivari de la liberté; le deuxième et dernier tome est à venir. Le charivari de la liberté a été écrit de manière à se lire indépendamment du cycle qui précède, même s’il en constitue la suite, avec la même galerie de personnages et un récit qui poursuit son cours. N’hésitez pas à plonger dans l’univers du Charivari, quitte à revenir par après au Pays insoumis, là où les personnages principaux amorcent leur destinée tout en prenant la mesure d’un pays souillé par l’arbitraire et le mépris de justice.