Les tuques bleues
-1: Le charivari de la liberté-

Le Pays insoumis
-1: Les chevaliers de la croix-
-2: Rue du Sang-

Les accoucheuses
-1: La fierté -
-2: La révolte -
-3: La déroute -

Autres roman et nouvelles

Gratien Gélinas

Marie Gérin-Lajoie

Études historiques

 

À lire:
ma chronique sur le webzine
www.tolerance.ca

Jasettes archivées

 

Pour vous abonner au bulletin électronique de l’auteure, prière d’envoyer un courriel à Écrivez-moi ci-haut, en mettant le mot « bulletin » comme objet.

 

     Accueil        Conférences        Profil biographique        Écrivez-moi        English Abstract

Anne-Marie vous pique une jasette…

Pleutre et souffre-douleur, le peuple canadien d’antan? Plus se rehausse mon savoir historique, plus j’admire, au contraire, son courage exemplaire devant l’adversité. J’en viens à croire que sa survie est un miracle de ténacité. Pendant la première moitié du 19e siècle, les Canadiens parlant français ont résisté à l’implacable volonté de leurs nouveaux maîtres, ces arrogants Britanniques au pouvoir dans la colonie, de les délester de tout ce qui constituait leur identité sociale et culturelle – langue, coutumes, pratique religieuse et par-dessus tout, leur idéal de justice et de droits égaux. Les Rébellions ne constituent que la pointe d’un gigantissime iceberg…

En preuve, voici une citation du Montreal Herald, gazette qui porte l’intolérance raciale en étendard; un des innombrables et douloureux coups de butoir ayant accablé les Canadiens. Ce 13 novembre 1838, alors que l’armée anglaise pourchasse les patriotes entre le fleuve Saint-Laurent et la frontière américaine, que des incendies sont allumés partout et que des familles entières sont dépouillées et expulsées de leurs logis, le rédacteur du Herald écrit :Pour avoir la paix avec les rebelles, il faut que nous fassions une solitude – il faut les balayer de la surface de la terre. L’histoire du passé prouve que rien moins que la disparition de la nation canadienne de la terre et la réduction en poussière de leurs habitations ne pourra prévenir de nouvelles rébellions.

Le journaliste persiste et signe, tel que traduit dans Le Canadien du 16 novembre : Les Canadiens des districts rebelles dont les maisons ont été livrées aux flammes et qui ont échappé à la balle, à la baïonnette ou à la prison, sont destinés à périr dans les bois, car ils ne peuvent attendre d’assistance aux États-Unis; dans les districts tranquilles, quelque désir qu’aient leurs compatriotes de les assister, la crainte d’être considérés impliqués dans l’insurrection aura plus d’influence que la sympathie. Le châtiment infligé a été très sévère, mais ce n’est pas assez. La pendaison de 20 chefs aura plus d’effet que de tuer 200 hommes dans l’action, et s’il en doit échapper à la potence, ils devraient être condamnés au travail forcé et enchaînés ensemble, employés à macadamiser l’isle de Montréal.

À la limite, pour manifester des semblables sentiments, il faut avoir terriblement souffert. Voilà tout l’art de la faction enfiévrée du Bas-Canada : avoir réussi à le faire croire jusqu’à présent!

Le 7 octobre 1014 



 

Détective de l’histoire

Pour exposer les brins d’une trame historique qu’il m’appartient ensuite de tisser, rien n’est aussi précieux que les témoignages de contemporains qui commentent et éclairent l’actualité. Certains d’entre eux se donnent manifestement la mission de documenter quasiment scientifiquement les événements marquants de leur époque. Amédée Papineau, le fils de Louis-Joseph, m’a fourni des données essentielles, introuvables ailleurs, pour dresser la minutieuse chronologie nécessaire à la rédaction de la série Les tuques bleues. Son Journal d’un Fils de la liberté regorge de détails recueillis quasiment sur le vif, d’extraits de correspondances importantes et de conversations avec des acteurs-clef des événements. Par exemple, il s’est longuement entretenu avec celui qu’il nomme le « général Poirier », lequel a dirigé les forces patriotes lors de la bataille d’Odelltown du 9 novembre 1838. Ce corpus documentaire, comme bien d’autres du genre, n’a pas encore été exploité à sa juste valeur.