Les tuques bleues
-1: Le charivari de la liberté-

-2: Le règne de la canaille-
 

Le Pays insoumis
-1: Les chevaliers de la croix-
-2: Rue du Sang-

Les accoucheuses
-1: La fierté -
-2: La révolte -
-3: La déroute -

Autres roman et nouvelles

Gratien Gélinas

Marie Gérin-Lajoie

Études historiques

 

À lire:
ma chronique sur le webzine
www.tolerance.ca

Jasettes archivées

 

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Anne-Marie vous pique une jasette…

Ce qu’il me reste après huit ans de recherche et de rédaction, après un million de mots imprimés en deux tomes des Tuques bleues et en autant de tomes du Pays insoumis, premier cycle de la saga? La certitude d’avoir voisiné un peuple d’une formidable dignité et d’une souveraine indépendance. Un peuple qui réagit au quart de tour devant les injustices, avec rigueur et mesure. Un peuple qui, devant les manifestations d’un pouvoir arbitraire, sait quand feindre l’indifférence, quand rigoler, quand se moquer et quand, ultimement, s’indigner avec constance et puissance.

Des gens qui se sont mués en insurgés lorsqu’il leur a fallu envisager l’absolue nécessité de se défendre par les armes, soit à partir du 6 novembre 1837, jour où les forcenés du Doric Club ont tendu un guet-apens dans le but de transformer les Fils de la Liberté en rebelles aux yeux des autorités. Des insurgés qui, le long du Richelieu, ont concrètement débuté l’entreprise de libération après le 17 novembre 1837, après l’expédition des autorités dans le but d’arrêter divers patriotes au sud du Saint-Laurent, expédition qui s’est conclue par la délivrance de Demaray et Davignon sur le chemin Chambly. Des insurgés qui, une dizaine de jours plus tard, ont dû se résoudre à la fuite et l’exil, vaincus par la terreur militaire et par la botte secrète de l’Exécutif, la Volunteer Militia. Tout le reste, de Saint-Eustache jusqu’à Napierville un an plus tard, n’est que le parachèvement de l’œuvre d’écrasement.

Voilà le point crucial d’une l’histoire que les Canadiens patriotes, au travers de l’abondante documentation, m’ont entraînés à raconter. Je me suis laissé guider par les femmes, les hommes et les enfants, par les enfants du sol et par les immigrants qui se sont joints à eux, afin de parcourir un chemin touffu au travers d’une vaste province. J’ai l’impression d’avoir côtoyé les habitants du Bas-Canada, mes ancêtres, à un moment de grâce : celui d’avant leur mise à genoux, celui d’avant leur mise en prison par un gouvernement coercitif qui leur a imposé silence et soumission, qui leur a imposé un respect absolu de l’autorité, absurde et contre-nature. En refaisant connaissance avec les Canadiens patriotes, en les laissant vivre et s’exprimer, j’ai renoué avec une part de moi-même.

Le 19 août 2015

En direct du passé

« Avec quelle énergie et quelle indépendance nos habitants les plus humbles ont évité les pièges qu'on leur a tendus pendant leur détention! M. le procureur général Ogden, qui a passé plusieurs jours dans la prison à faire une enquête, pourrait certifier qu'il a rencontré, chez eux, des volontés inflexibles et des sentiments nobles et généreux. Si cette enquête avait été faite de bonne foi et que le résultat en fût connu, elle couvrirait les autorités de confusion, en même temps qu'elle ferait le plus grand honneur à nos habitants. J'ai été presque témoin des moyens insidieux que l'on employait pour corrompre leurs principes ou pour leur arracher des aveux qui justifiassent la persécution de l'autorité. Presque toujours, l'interrogatoire finissait par cette question: ‘Que feriez-vous, mon ami, si les choses étaient à recommencer? Prendriez-vous le parti de la Reine ou vous mettriez-vous encore avec les patriotes?’ Toujours et à chaque fois, Ogden n'a pu tirer que des réponses désespérantes, et qui le mettaient hors d'état d'en décharger plusieurs qu'il avait probablement ordre d'élargir, s'ils voulaient manifester des sentiments loyaux. (...) Un jour que M. Ogden était un peu plus pressé qu'à l'ordinaire et qu'il était de mauvaise humeur, il s'adresse assez brusquement à un pauvre homme, patriote de je ne sais plus quel endroit, et lui demande avec précipitation et en répétant plusieurs fois la même question: ‘Qui êtes-vous? Qui êtes-vous?’ sans lui donner le temps de répondre. ‘Qui je suis? interrompit à la fin notre bonnet bleu, en relevant la tête et fixant maître Ogden avec ses yeux noirs, qui je suis? J'su-t-un homme!


 

Jean-Joseph Girouard à Augustin-Norbert Morin, 1er avril 1838.

La fresque romanesque patriote d’Anne-Marie Sicotte se décline en deux cycles qui comportent deux tomes chacun. Le premier cycle, soit Le pays insoumis, comprend Les chevaliers de la croix et Rue du Sang. Le second cycle, soit Les tuques bleues, comprend Le charivari de la liberté et Le règne de la canaille. Les deux cycles peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre, même si le second constitue la suite du premier, avec la même galerie de personnages et un récit qui poursuit son cours.