Catherine aux cinq maris 

Les accoucheuses

Patriotes du Bas-Canada 1837-1838

Biographies de Louis-Joseph Papineau

Le pays insoumis

Les tuques bleues

Autres roman et nouvelles

Gratien Gélinas

Marie Gérin-Lajoie

Études historiques

 

À lire:
Jasettes archivées

 

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Anne-Marie vous pique une jasette...

 

Mes recherches sur Catherine Quevillon, l’arrière-grand-mère de Louis-Joseph Papineau, m’avaient entraînée vers la Nouvelle-France et la famille Primot-LeMoyne; dans Catherine aux cinq maris, j’ai redonné vie à Paul de Maricourt, l’un de ces célèbres frères. Depuis, et grâce au mécénat de Marcel Lussier, amoureux de notre histoire, j’ai pu plonger de plus belle dans une aventure qui remet à jour notre compréhension du Canada d’avant la Conquête britannique. Pierre LeMoyne d’Iberville est incontestablement une figure éminente de l’histoire du Québec à l’époque de la Nouvelle-France. D’emblée, je suis allée à sa rencontre afin de lui redonner toute sa magnifique humanité, en le dépouillant de sa stature de héros qui, trop longtemps, l’a placé sur un piédestal.

Champion d’une Amérique française menacée par la puissance de l’empire britannique, d’Iberville a gravi les échelons en tant qu’officier supérieur dans la Marine de Louis XIV. Réputé pour sa bravoure dans ses combats souvent victorieux contre les Anglais, célèbre aussi en tant que fondateur de la Louisiane, il a déployé ses talents jusqu’aux confins de l’empire colonial français. Il était au faîte de sa renommée en tant que chef d’expédition lorsqu’il s’est vu confier la mission d’ébranler l’empire rival depuis les Caraïbes jusqu’à Terre-Neuve, en passant par la Nouvelle-Angleterre. Lumière est faite sur cette mission méconnue : en 1705, en pleine guerre de la Succession d’Espagne, une importante expédition lui est confiée, qui aboutit à la prise des îles anglaises de Nièves et de Saint-Christophe, dans les Petites Antilles. C’est sa plus importante campagne en termes de navires et de troupes à sa disposition, en termes de rayon d’action également, mais elle a pourtant reçu très peu d’attention en comparaison du reste de sa vie.

Là-dessus, coup de théâtre : d’Iberville perd la vie à Cuba, un événement autant tragique qu’énigmatique, un mystère que l’historiographie n’a pas pu élucider. D’autant qu’un récit, écrit 30 ans après la mort d’Iberville, fait allusion à un possible empoisonnement…

Canadien issu d’un métissage culturel autochtone et français, d’Iberville était un militaire fort apprécié à Versailles en tant que spécialiste de l’Amérique, et il s’est inséré dans un ballet diplomatique orchestré par un régime absolutiste dont l’ardeur guerrière était stimulée par le monde de la haute finance, comme le prouvent les arcanes de ce qui est devenu l’Armement d’Iberville. Pierre lui-même était un bien petit rouage de cette machinerie tentaculaire…

Une exploration libre de personnages célèbres de notre histoire offre la chance, grâce au corpus documentaire rassemblé, de renouveler ce qui doit l’être dans le récit national. Fidèle à moi-même, j’ai tenté de faire la lumière sur des segments négligés de la population et sur des faits sociaux laissés dans l’ombre, lesquels ont pu avoir un impact réel sur ses choix de vie. À ce sujet, d’importants chantiers attendent les générations futures : il faut retourner visiter ces figures célèbres, quelles qu’elles soient, afin qu’elles nous racontent ce sur quoi des générations d’historiens ont préféré fermer les yeux. Que l’on fasse connaissance avec leur entourage, les femmes de leur vie, les gens ordinaires, leurs concitoyens, qui ont laissé des traces dans leur existence. Y compris ces esclaves des deux sexes asservis sur les plantations sucrières et qui faisaient partie du butin d’Iberville…

Le 27 octobre 2026